L’autre France

22 Juil

Bungalows sur pilotis. Ilot maitre Océanie deuxième édition. D’Auckland, je rejoins en quelques heures la France, celle du Pacifique Sud et des Kanaks: la Nouvelle Calédonie. C’est une étape de transition, qui n’aura pas son pareil. Déjà, parce l’objet de cette destination est d’aller voir un ami de longue date qui y réside depuis 2 ans. Ensuite parce qu’il y a une sensation particulière a visiter dans un endroit lié a notre patrie, mais avec de singulières différences .

une fin d'apres midi dans la baie de moselleJe pose le pied sur le tarmac chaud du “caillou”. L’air brule mes yeux peu accoutumés au 22° de cette saison fraiche. A la sortie de la zone internationale, Quentin et Isabelle m’attendent. La encore, délicieuse sensation d’être accueillis. Nous nous jetons dans les bras les uns des autres, et ils me couronnent du collier de fleurs fraiches traditionnel. La porte vient de s’ouvrir. Quel bonheur de glisser paisiblement vers ce pays sans chercher sa route, sans grappiller des informations en essayant de comprendre une langue étrangère, perdu dans un lieu vierge de ressentis. Et escorté par des amis qui plus est.

Des paysages riches

Ainsi, des mon arrivé, nous allons marché au bord d’une des plages de Nouméa, au soleil couchant. J’observe autour de moi, les voix et les panneaux sont en français. Tout un univers familier qu’il ne m’a plus été donné de voir depuis plusieurs mois alors que je ne pourrais probablement pas être plus loin de chez moi. Je capte des bribes de conversations en croisant les gens, j’entend des noms connus peu applicable jusqu’ici a une ile tropicale comme baie de Moselle ou Magenta qui n’est alors plus seulement un arrêt de métro parisien. Les premières images que j’ai en tête de cette rencontre avec la Calédonie m’insuffle une énergie nouvelle. Une ile a l’été éternel, d’une beauté scandaleuse.

1ere image en arrivant a Noumea Alors commence 10 jours de vacances ! Je commence par flâner dans la très étendue Nouméa, une ville respirant la décontraction. Les bâtiments ne sont pas hauts et souvent agrémentés de cocotiers. Rien ne semble grave ici bas. Le charme des iles isolées certainement. Partout dans les rues, les ethnies se mélangent et se croisent.

Place des cocotiers une journée de semaine sur la place des cocotiers Sur la très verte Place des Cocotiers, centre névralgique de la capitale, de nombreux kanaks se prélassent dans l’herbe, pique-nique joyeusement alors que les enfants jouent autour de la nappe patriarcale. Il semble que le stress des capitales n’a jamais prit le bateau jusqu’ici. Je découvre les rues, les bâtiments coloniaux, les baies et les ports d’une ville franco-tropicale, ancien bastion ou l’on punissait nos prisonniers. J’en profite pour faire le plein de lectures. 

Port de la baie de Moselle Rue du centre ville  Une ville verte  Couché de soleil sur le port. Une petite biere ? Je me rend ensuite à l’aquarium de la ville, à la découverte de la faune et flore sous marine locale. Un univers stupéfiant de couleurs, d’harmonie et de surprise. Ce musée vivant bien conçut me fait découvrir les coraux, la mangrove et l’alchimie fragile de ces organismes menacés. Le tricot rayé, le plus gentil des serpents mortels et les coraux phosphorescents.

Un poisson zebre d'apres moi Le gentil tricot rayé le migon crabe violoniste les coraux phosphorescents. Garantie sans lumiere ! Saviez vous que la France possède la 4ème plus grande superficie de récifs coralliens au monde ? Vu de la métropole, je ne se rendais pas compte de la richesse et de l’étendue de nos territoires d’outre-mer. De même, le parc animalier m’implique dans une autre mesure à la complexité de l’ile lorsque je me rend compte du nombre d’organismes endémiques. Dont l’insolite Cagou national, n’ayant rien a envier a son voisin Kiwi.

Le CagouMon ami le Cacatoes Le paon. Fier Et l'Iguane, le pas beau !  Puis viennent des jours reposant, idyllique. Une ile, une plage, l’océan turquoise, le calme et l’évanescence des premières impressions. Nous nous rendons sur l’ilot maitre, puis l’ilot canard par bateau taxi. Si les plages n’ont rien de spectaculaires, elles ont le mérite d’être charmante et intime. Et jamais, je n’avais nagé dans une eau aussi limpide.

je crois que ces photos se passent de commentairesNouméa vu de la mer. OO, je vois l'appartement. Contrairement a e que l'on pourrait croire, la Caledonnie n'est pas si touristique que cela. Et je ne m'en plains pas !  Bon...heu...voila ou l'on se baigne !!! Arrimage sur l'ilot maitre !  rien a dire Des décors de cartes postales à 10 min de la ville. Il est plus que temps, après 6 mois de voyage, de se laisser aller a dorer au soleil et de se rafraichir au cours de plongées stupéfiantes au milieu des poissons, avec en contre bas, des coraux aux milles couleurs. Un autre monde.

 de delicieuse plongées...et il ne suffit que d'un masque et d'un tuba Seul sur le sable, les pieds dans l'eau....Mon reve était trop beau. Je peux presque toucher les poissons qui virevoltent tout autour de moi. Légers et vifs, ils effleurent les récifs irréels. C’est dans cette aquarelle silencieuse que je découvre enfin l’océan Pacifique, vivant et prodigieux. Ici, les yeux perdus sur l’horizon infini, je réalise que je suis dans le plus grand lagon du monde. Je n’en ai presque rien vu et pourtant, il m’a déjà séduit.

Parc de la riviere bleueL’autre grand temps fort de mon séjour fut nos marches. Au mont Khogi d’abord au cœur de la foret primaire semi-tropicale, puis dans le parc de la rivière bleue. Des endroits préservés depuis des siècles. Une journée a travers des paysages tantôt chaleureux comme la cascade de la Madeleine, tantôt désolé et inquiétant, à l’image de la foret noyée. La terre est rouge sang, les bosquets verts vifs. De petites collines vallonnent le paysage façonné par les cours d’eau.

Cascade de la MadeleineCeci est une riviere qui appelle a la baignade, non ? Quentin perdu au milieu de la foret séche, du coté du Mont Khogi     La foret noyée

Un pique nique après une petite tête dans un cours d’eau merveilleusement frais, perdu dans une foret abondante sous la vigilance du grand Kaori. Que demander de plus ?

Isabelle et Quentin Et bien si, il y a eu plus. Une richesse qui ne se découvre pas aussi facilement qu’une salade tahitienne. Celle de deux amis qui se retrouvent dans un contexte inédit. Il fut déroutant de constater que ce temps ensemble nous a donné une vision plus complète de nos individualités. Nous avons vécu plusieurs jours ainsi, dans un rythme amical. Lors de nos journées, nous débâtions longuement de divers sujets, avant de partager le soir venu, de bonnes parties de jeux vidéos. Ce partage me manquait.

A fond la caisse !!!  J’ai eu la chance d’être bien accueilli par ces amis prenant à bras le cœur le destin de leur colonie. En effet, prochainement, un referendum décidera de l’autonomie complète ou non de la Calédonie. Travaillant dans des milieux proche de ces questions, ils m’apportèrent une nouvelle vision des problèmes intérieurs. Ils me proposèrent aussi un regard nouveau: celui d’une France qui regarde LA France.  Quelque chose qui m’était alors inconnu.

Sur la plage abandonnée... Apres ces instant salvateurs, je dois reprendre la route. Il y aura un avant et un après Nouvelle Calédonie. Parce que j’ai vécu quotidiennement avec un ami et aussi car, la veille de mon départ, nous avons fêté mes 6 mois de voyage. Pas de conclusion hâtive, pas de recul, pas d’enseignements dogmatiques. Seulement la satisfaction  d’avancer et l’émotion de construire au jour le jour, une nouvelle conscience du monde qui m’entoure. Je sens dés lors que rien ne sera plus jamais pareil.

Moi, je voulais faire des cabanne comme ca aussi ! na !

Il est temps de pousser la grande porte de l’Asie, le 3ème continent, si déroutant et indescriptible. Une étape de 5 mois qui me réserve des surprises a n’en pas douter. Mes plans m’ont poussés vers Singapour, un parfait melting pot d’insertion.

quand meme !

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2 Réponses to “L’autre France”

  1. flo 30 juillet 2011 à 06:25 #

    Encore un très bel article ! merci !
    et à chaque fois, ça me procure la même sensation difficile à expliquer;
    étant déjà passée par le caillou il y a moins d’un an , au début de mon périple, j’avais pu voir certains de ce paysage, rencontrer la population, et faire qques constats mais ce que tu écris là me plonge dans un nouveau voyage, dans de nouvelles pensées, différentes et avec une vision nouvelle et murie.
    C’est étrange comme le voyage se prolonge, même quand on est de retour chez soi; chaque photos, articles, reportages, blogs… fait reflechir et decouvrir un peu plus du lieu déjà visité. Et j’adore ça, cette découverte continuelle…

    Bonne route vers les pays asiatiques, si incroyables et dépaysants par leur mode de vie et de pensée. bisous mon ami

  2. Mathilde Maïsano 13 août 2011 à 13:57 #

    Super cet article, il fait rêver et donne vraiment envie de poser son orteil en Nouvelle Calédonie !

    merci Willy

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