Archive | avril, 2011

Mon aventure amazonienne, exploration

25 Avr

Un endroit mysterieux Une fois à Trinidad, je fonce dans un hôtel. Je trouve une chambre sombre au rez de chaussée, sans vue. Mais allez savoir pourquoi, je m’y sens bien. Comme un cocon. J’ai besoin de me faire un petit quotidien, comme à la maison, de m’étendre sur un vrai lit. Ce voyage m’a fatigué. Je sens que je n’ai plus de rythme. Mais la perspective d’une liberté retrouvé me redonne un peu de vigueur.

Eglise de Trinidad Je passe trois jours dans cette bourgade tropicale où je me sens bien. Je suis solitaire de fait. Je ne rencontre pas de touristes ce qui n’est pas pour me déplaire mais les contacts avec la population se font rare également. Alors je me promène, je me pose aux terrasses des restaurants, sur les places, dans les parcs. J’observe les gens et je m’invente des histoires. Tout le monde se déplace à moto ici, un charme local. Il n’est pas rare de voir des familles entière sur une pétrolette. Et je crois que l’industrie du casque n’a jamais trouvée Trinidad. Je souris en décryptant des attitudes, des gestes, des regards. Il y a quelque chose d’universel dans la nature humaine, dans sa sociabilité. Dans une atmosphère inédite, une foule personnages défile devant moi, comme dans le métro parisien a une époque. Je trouve ça passionnant.

Petits stands le long de la place centrale J’écris beaucoup encore une fois. Je me ressource en vérité, dans un rythme tranquille, tropical. Je me recrée un chez moi dans cette chambre isolée, je parle longuement avec Sarah, je regarde des films, je paresse. Je profite de l’incroyable opportunité d’avoir internet dans mon lit….une merveille.

Puis viens l’heure du départ. Je voulais m’arrêter en chemin dans la réserve biosphérique du Beni mais l’accès me semble trop hasardeux et le temps me manque. La suite me donnera raison. Je file donc tout droit vers Rurrenamarque. Mais dans un premier temps je ne trouve pas la gare. En fait, quelques stands se cachent dans un marché couvert…. évident. Mais tout est fermé. Je prospecte et l’on m’apprend que toutes les routes sont fermées aux bus a cause de la crue saisonnière des rivières. Je trépigne de bonheur. Il ne me reste que l’avion. Je suis dépité. Je sors la tête basse et je tente ma chance dans une dernière agence qui se vante d’aller à Rurre. Bingo ! J’achète aussitôt un billet onéreux pour le lendemain. Nous devons nous y rendre avec une “camionetta”, ce que je suppose être un 4×4, en 12h. J’ai trouvé ma porte de sortie mais je saluerai au passage quelques comportements boliviens qui ne se sont sentis concernés par mon problème en aucun cas et qui ne m’ont aidés en rien.

Au petit matin, j’attend devant la compagnie. Devant la foule qui s’y presse, j’imagine plutôt un trajet en minibus. Nous sommes 17 et je crois que quelques personnes déménagent vu le volume de la cargaison. J’observe autour de moi, la camionetta a du retard. Je me sens comme le premier européen au milieu d’un transport rural bolivien. Puis le transporteur arrive. A cet instant, je suis partagé entre une stupéfaction bien légitime et la douce émotion de gouter au véritable transport bolivien. Comme un préjugé d’avant qui rejaillit. Car le véhicule qui vient de se garer, n’est rien d’autre qu’une camionnette à bétail ou à légumes, au choix. Je rigole dans ma barbe en me demandant comment les gens et les marchandises pourront rentrer…Et la magie bolivienne opère. En quelques minutes, les sacs sont entassés sur le planché, les chaises, les tables et les bouteilles de gaz sur la bâche du toit et les gens assis sur les cabas, en tas. Dans cette animation pittoresque, un nuage de fumé noire s’échappe de l’arrière, et nous valdinguons à travers la ville. Je suis collé contre la cabine, les jambes pliées, un arceau en métal dans l’épaule, assis en équilibre sur une casserole, face au dos velus d’un homme gras, ayant trouvé refuge sur un pied de table pointu. Mes frères bovins de l’instant sont tranquilles mais se questionnent  tout comme moi. Comment tenir 12h dans ces conditions ?

La camionetta ! La question ne se posa pas longtemps, car quelques minutes plus tard le moteur de la carriole tousse, crache et s’étouffe. Nous sommes planté là, en plein milieu de la route, devant mon bateau ! J’hurle de rire devant le comique de la situation. Réalisant dans quoi je me suis fourré, je prend à la dérision cette nouvelle aventure déambulatoire. Je comprend que nous n’irons pas a destination en 12h et que tout le monde s’est fait duper.

Il serait bien trop long de vous énoncer tout les rebondissements de cette affaire. Mais sachez que nous sommes arrivé à Rurrenamarque en deux jours après avoir utilisé 3 camionnettes, 4 barques, 3 voitures, un minibus et une moto. Rien que cela. Voila le sort des gens qui veulent emprunter une route coupée ! Mais il fallait le faire. L’entreprise nous a vendue un trajet qu’elle ne pouvait pas assurer et cette supercherie souda les passagers. Unis comme un syndicat derrière deux bonnes femmes revendicatrices, j’ai alors fait partie d’une bande, si opprimée soit-elle. Les gens me parlaient, m‘expliquaient ce qui se passait et me demandaient mon avis. J’étais le Gringo de la camionnette au milieu des femmes qui allaitées, des paysans en affaires et des locaux vivants dans les bois.

Quelqu'uns de mes compagnons, en attendant une barque...  La sécurité ne fut jamais une préoccupation, et les barques rasaient les flots dans ces forets noyées alors que je priais pour ne pas tomber à l’eau. La solidarité était une excuse toute indiqué pour aider ces braves gens si chargé. Et voila le gringo a l’arrière d’une moto tape cul avec mes sacs, une bouteille de gaz et un enfant sous le bras, sur une route qui n’en était plus une. Ou bien,  de la boue collante jusqu’aux genoux, en traversant des rivières pied nus chargés comme des lamas, essayant de ne pas déraper la où les 4×4 s’enlisaient. L’Amazonie se révèle être surtout une aventure de transport. Mais c’est la tout le charme !

La route et ses taxis motos une des barques, avec la route au premier plan ce qu'il reste de la route Toujours la route ! Je me revois, planté au milieu de la réception d’un hostel à Rurre, couvert de boue, pied nus, mes chaussures autour du coup demandant hospitalité et lavoir. Cette image me fait encore sourire aujourd’hui. Pas de voyage ennuyeux ici, on avance à la sueur de son front. Je fini la soirée avec le chauffeur de mon taxi a faire la tournée les bars a karaokés, heureux de pouvoir passer une soirée a chanter “La cancion del mariachi” comme des boliviens, avec eux. J’ai pu les approcher un peu, et j’ai gouter au charme de cette nature maitresse, au détour de centaines de marécages, surveillés par de discrets caïmans et de nombreux volatiles.

La jungle se rapproche... Dans la très touristique Rurrenamarque, je ne reste que le temps d’organiser une excursion dans la jungle. Enfin. Je pars pour trois jours de randonnée dans la forêt, avec deux anglais pour compagnons. Apres 3 heures de bateau, nous arrivons au campement sauvage, au beau milieu de nul part. Déjà, les sons et la végétation luxuriante m’enchante.

Le campement Il y a tellement longtemps que j’en rêvais, il a fallut se donner du mal pour y arriver. Durant ces trois jours, nous avons randonnée autour du campement avec notre guide Eriberto, un homme née dans un tronc d’arbre. Capable de discerner un son parmi 100 autres et de dire de quel animal il s’agit, où il est et ce qu’il fait. Nous avons traqué les phacochères jusqu’à les approcher a moins de 3 mètres, sans les voir. Tarentules, aras, singes, insectes, serpents et fourmis étaient notre quotidien. Notre guide nous a appris beaucoup de choses sur ces petites bêtes, dangereuses dans la plupart des cas, voir mortelles. Les immenses colonnes de fourmis passent au milieu des arbres a curare dont on peut encore apercevoir les marques des indigènes sur le tronc. Les lianes nous ont servit de balançoire et nous ont donné une eau pure et fraiche. Nous avons découvert les vertus médicinales de quelques végétaux ou bien ceux qui servent à faire la peinture. Et pour finir, nous avons péché le piranhas au poulet, au bord d’un rio tranquille, où tortues et caïmans nous guettaient furtivement.

L'arbre qui marche Notre guide perdu dans la foret Autour du campement Un arbre a curare pas si petit que ca !  Jungle, un des rare endroit un peu dégagé Sous les 30m de canopée, une végétation trés dense

Dans cet oasis verdoyant, il y a une profusion de faune et de flore unique au monde. Il est incroyable de réaliser que toutes les espèces vivantes ont inventés de multiples stratégies pour survivre: épines, venins, couleurs, strangulations, camouflages. Certains poissons sont venimeux, les fourmis donnent de la fièvre et les arbres parasites s’attaquent aux autres espèces jusqu’à la mort. Ce qui prouve bien, que nous sommes dans un des milieux les plus hostiles du monde. Tant de films, tant de documentaires ont façonnés ce désir de nature insoumise. Un rêve depuis tout jeune que je réalise ici, avec prudence.  Ne jamais marcher pied nus, ne jamais se découvrir, ne pas s’accouder aux arbres, toujours regarder avant de poser le pied ou de s’assoir. Une vigilance de tout les instants. Et la nuit venue, sous la moustiquaire, la chanson de la foret prenait toute la place, une intensité incroyable, un foisonnement de vie.

La lumiere peine a entrer  un maré boueu petite clairiere Le riviere a piranhas Un arbre et son parasite Un parsite devenu arbre apres avoir tuer son hote

De plus, cette configuration m’a mis dans une position incongrue. Mes amis anglais ne parlaient pas espagnol et le guide ne parlait pas anglais. Alors me voici, durant trois jours a faire le traducteur ! J’ai ici une pensée pour tout mes professeurs de langues depuis toujours, dépressifs et souvent rompu à mes barbarismes et autres inventions  linguistiques. Je ne crois pas que l’un d’eux lisent ces lignes mais il est probable qu’ils ne me croiraient pas ! Je n’y croyais pas moi non plus ! La jungle a réussie la où l’éducation nationale a échouée !

De retour en ville, je saute dans un bus sous une pluie tropicale, après une bonne soirée festive, en direction de La Paz, plus haute capitale du monde.

Petit dejeuné dans une paillotte traditonnelle sur la route de La Paz

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Mon aventure amazonienne, introduction

16 Avr

 

Berge du Rio Ichilo L’Amazonie, la jungle verdoyante, l’incroyable diversité de faune et de flore auréolée par de mystérieuses citées d’or perdues, ont toujours fascinés les aventuriers téméraires. Beaucoup ont d’ailleurs sous estimés les nombreux dangers de ces contrés passionnantes. C’est donc à mon tour d’aller chercher mon aventure en Amazonie, avec beaucoup plus de modestie et de bien meilleures intentions. C’est l’endroit où je décide de me perdre en Bolivie, loin des sentiers battus, et de rencontrer, enfin, ces boliviens si timides et réservés. Du moins, je l’espère…

Tout commence à Sucre, lorsque je décide de mon parcours. Je prévois de rejoindre un petit port dans le centre du pays afin de monter à bord d’un bateau de marchandise. Puis en quelques jours, de rejoindre Trinidad, la plus grande ville du Beni.  Ensuite de me rendre à Rurrenamarque à l’ouest pour découvrir la jungle, puis de rejoindre La Paz. Le tout en 10 jours. Voila le plan.

A l'aube sur la riviere Je vais donc à l’office du tourisme de Sucre pour recueillir quelques informations mais mon interlocuteur reste sans voix, et sans solution. Il ne connait pas ce port et ne sait pas comment s’y rendre. Il ne m’apprend rien, je devrais me débrouiller seul. J’ai alors le sentiment d’être sur la bonne voie,  le parfum d’un nouveau défi m’enivre d’une douce euphorie.

Le lendemain, je prend un bus de nuit. 12h plus tard, j’arrive à Cochabamba au levé du jour, somnolent après une nuit difficile. J’ère dans les rues de cette ville moribonde, je me perd, je suis amorphe, englué dans des pensées désespérantes. Je ne sais comment faire. Qu’il est dur de sortir des sentiers battus ! Puis un taxi me dépose dans une rue remplie de petits autocars, reliant des destinations locales. Apres avoir longuement réfléchi et déambulé, je monte dans un bus en milieu de matinée pour une destination inconnue. En effet, les bus ne vont pas à Puerto Villaroel directement mais la dame me dit que le chauffeur me fera signe de descendre à un moment donné, puis je pourrais prendre un autre moyen de transport pour ma destination finale. Sans comprendre tout les ressorts de mon trajet, je monte dans ce vieux bus inconfortable pour 8h de voyage. Sans le savoir, je viens d’apercevoir les derniers touristes pour les deux prochaines semaines.

Je somnole aux sons des marchands qui vendent quelques potions miracles, et des paroles échangées avec un vieux monsieur rachitique me parlant espagnol et aymara. Les paysages changent. Des hauts sommets arides, nous descendons progressivement. Les montagnes sont recouvertes d’une épaisse végétation, entourée de brume, les plantes deviennent plus grasses, la terre rouge et boueuse, l’atmosphère chaude et étouffante. Je repense au film “Gorilles dans la brume”…

Montagnes tropicales Stop ! Le chauffeur me dit de descendre au milieu d’une rue chaotique et me parle de taxi un peu plus loin. Je suis là, seul, planté avec mes sacs au milieu de ce marché gigantesque, sous une chaleur écrasante. Je regarde filer le bus, mon dernier repaire.  La rue est remplie de voitures à l’arrêt klaxonnant sans discontinuer. Les motos essayent de se frayer un chemin au milieu des passants désordonnés. L’ambiance est bruyante, oppressante. Les stands sont posés sans organisations particulière, il y a de tout, partout.

Une rue bolivienne, La Paz Toute cette excitation ne me rassure guère. Je suis partagé  entre un sentiment euphorique, me disant, surement à tord, “là, je jour vraiment à l’aventurier”, et un sentiment d’étouffement et de doute. Est-ce que je ne prend pas trop de risque ? Difficile à évaluer. J’avance prudemment. Je me surprend à chercher des touristes, quelques chose auquel me raccrocher. Mais rien. Les stands défilent, les gens me dévisagent. J’aperçois un petit singe en laisse sur l’un d’eux. Si la Bolivie de manière générale est dépaysante, ce qui m’entoure alors est un monde inconnu. Pas de doute, je suis seul au milieu du Chapare, une zone où un occidental n’est pas forcement bien vu en raison des campagnes anti-coca mené par les Etats-Unis, dans cette région mère du trafic de cocaïne. Je monte dans un taxi et je file à travers de nouveaux paysages, où les maisons en bois côtoient palmiers et fougères.

Etendage tropical L’air chaud et poussiéreux bat mon visage, je me détend. Je repense avec amusement a mon instant de panique. Bientôt, le chauffeur sympathique me dépose à la capitainerie de Puerto Villaroel. Je suis arrivé. C’est en fait une base militaire. Je rencontre un homme qui m’informe qu’un bateau militaire transportant 30 000L d’essence part après demain. Parfait, je prend rendez vous avec le capitaine le lendemain. Soulagé, je m’installe et profite de la chaleur tropicale un moment. Deux hommes viennent m’aborder coup sur coup. je parle avec chacun d’entre eux. Les gens m’ont l’air plus accécible. Ces contacts m’enchantent. Je suis exactement là où je voulais être. Je profite tranquillement de cette fin de journée dans ce petit port bolivien. Les prochains jours s’annoncent prometteurs.

Puerto Villaroel J’en profite ici pour faire une parenthèse et vous faire partager une constatation surprenante. Le premier des hommes était un paysan ivre. Amical, il n’en restait pas moins saoul, lourd et susceptible. En de nombreuses reprises, et particulièrement celle-ci,  l’ expérience accumulée derrière un comptoir  m’a servie. Je sais trop comment ces situations peuvent vite dégénérer et je les connais. Beaucoup de moment où ces mois de travaille me permettent aujourd’hui de sentir les atmosphères, d’essayer de juger les personnes de confiance ou non, d’appréhender au mieux chaque problématique. A 18 ans, lors de mon premier jour de travail au bar “Les Colonnes”, Christophe, le patron d’alors, m’averti d’une chose:  “Le bar, c’est l’école de la vie. Tu verras. Tu vas découvrir beaucoup de la nature humaine”. Je ne saurais vous dire combien il avait raison et je vérifie tout les jours cette affirmation et les années suivantes n’ont fait que renforcer ce sentiment.  Grâce à Criquet aussi à “Ardech’Café”. Fort de cette expérience de serveur, plus utile qu’il n’y parait, je me sens aujourd’hui confiant pour gérer une certains nombre de situation et limiter les risques et les pièges. Comme quoi…

Le Boldito  Finalement, après moultes rebondissements, je pars le surlendemain avec un bateau de marchandise privé. Le “Boldito”. Nous sommes 6 à bord et nous devons mettre 24h pour atteindre Trinidad. Mais en raison du niveau bas de la rivière Ichilo, il n’en sera rien. Il nous faudra trois jours plein pour en apercevoir les berges. Un voyage éprouvant psychologiquement. Les paisibles rivières Ichilo puis Mamoré ressemblent plus à nos fleuves qu’a nos rivières à truites. A bord, le confort est sommaire: je dors dans une cabine sans vitres, sur une paillasse de foin recouverte d’une bâche plastique. Sans douche, sans eau potable.

Ma demeure Pont supérieur Avant arriere bannanier

L’ambiance est pesante. Il y a le capitaine au visage agréablement rond et typique, sa femme, le second, le jeune matelot à l’œil vairon et l’infâme cuisinière cannibale, aux traits de vieux catcheur tombé du ring. Les gens n’apprécient guère ma présence et ne me parlent pas. Ils répondent a mes questions par de brèves phrases. J’ai d’abord mis cela sur le compte de la barrière culturelle, j’espérai qu’aux fils des jours les choses changeraient. Mais en 3 jours, personne ne me demandera mon prénom. L’annonce des repas  résonne jusque dans les entrailles, par les coups atroces de manche à balai sur la carlingue. Le petit déjeuner regorge de délicieux foie en sauce ou, encore plus alléchant, de la soupe de tête de poisson. Apprécier la gastronomie locale a sa juste valeur…

Le capitaine Je me sens mal. Indésirable. Je pensais avoir un contact privilégié avec ces gens mais je me suis heurté a un mur infranchissable. Plus tard, je conclus que je suis simplement mal tombé.

Fin de journée Moskitos 26 /Willy 43. Tant que le bateau navigue, la brise brulante éloigne les insectes. Mais la nuit venue, alors que nous sommes amarré, impossible de résister à l’invasion. Donc, après le diner de 17h, je me retrouve sous ma providentielle moustiquaire française, vers 18h30.  Les soirées sont longues et moites. J’imaginais pouvoir écouter les sons nocturnes envoutant de la jungle, mais c’était sans compter sur le générateur à pétrole, sonnant comme une pétrolette au pot d’échappement rouillé. Alors recroquevillé sur ma paillasse, je dors d’un œil, surveillé par un essein de moustiques avide de sang tournant au dessus de moi. Je décrète l’état de siège et la guerre fut terrible mais je m’étais juré d’en faire tomber plus que le nombre de piqures de ces vampires assoiffés.

L'invasion peut commencer... Je suis un peu mélancolique. Il n’y a pas grand chose a faire à bord d’un bateau et les jours se ressemblent. Le lendemain est semblable à la veille. Alors j’écris jusqu’à m’en faire mal à la main, je scrute le paysage monotone et lointain. Je reste perdu dans mes pensées de longues heures en mâchant de la coca.

3 jours sur un bateau...  J’apprend la patience, l’introspection. J’imagine de folles histoires dans cette jungle que je ne peux approcher. Anacondas, caïmans, singes, serpents, mygales, jaguars….Je rêves de ces rencontres mythiques, les yeux perdus dans les méandres de cette eau marron. J’ai hâte d’y pénétrer mais pour l’heure, je me contente d’en observer les contours. Il y a de nombreux oiseaux aux cris parfois stridents. Ils vont et viennent comme un ballet volatil.

raie d'eau douce. Et oui ! Barbecue de poisson chat Je me nourris de petits instants, essayant de savourer la chance d’être en Amazonie: la pèche d’une raie, une grillade de poisson au bord de l’eau. Parfois, quelques lueurs prenaient place dans le ciel en fin de journée avant l’invasion frénétique d’insectes volants.

Crepuscule Et le dernier soir, comme pour conclure ce voyage et me montrer une meilleure facette, un couché de soleil inspirant. Alors dans un endroit plus dégagé, je peux admirer les couleurs chaudes du ciel, changeant lentement. Nous sommes amarré et le lancinant moteur de bétonnière laisse place au calme, qui prend de l’ importance, tranquillement. Je contemple ce paysage, j’engrange l’instant éphémère lorsque trois dauphins de l’Amazone viennent jouer autour du bateau. Les souffles de leurs évents rythme ce chant naturel enchanteur. Haut dans le ciel, des perroquets passent en jacassant bruyamment. Un spectacle reposant. Voila ce que je suis venu chercher. Quelques secondes de quiétude.

Un moment calme Le soir du troisième jour, je pars en soirée avec le second en moto pour rejoindre la ville mais au bout d’un quart d’heure, plus de route ! Le passage se fait par une passerelle navigable, mais le chauffeur ne répondra jamais à nos klaxons. Je peux entendre la ville, j’en aperçois les lumières, je flaire la fête qui s’y déroule. Mais nous faisons demi tour. Une nuit de plus enfermé sur ce rafiau. Le lendemain, un ami du capitaine venu déjeuner me dépose en moto à Trinidad. Enfin. Je suis sale, collant, désorienté, fatigué de rien faire et seul.

solito

Sucre et Potosi, la Belle et le Clochard

10 Avr

Potosi Il était une fois, au centre des hauts plateaux de l’Altiplano, deux villes qui furent mêlées à de bien grande entreprises dont elles n’ont pas tirées avantage. La première dut nourrir trop longtemps la deuxième, dont la chute fut aussi brutale que l’ascension.

Je suis la riche Potosi,Trésor du monde…Objet de convoitise des Rois

Potosi vu d'un balcon

 Voici mon premier blason, lorsque je fus construite, à 4070 m d’altitude. Vous ne me connaissez pas ? Pourtant, je fus la ville la plus grande d’un monde, après les capitales du vieux continent. J’ai fait votre richesse, votre gloire, vos joyaux et vous ne vous souvenez pas de moi ? Il serait de bon ton de rétablir mon honneur, pour votre plus grand bonheur d’occidentaux à ornières.
Lorsque le vieux et bienveillant continent découvrit les Amériques et décida par la même d’instruire ses autochtones à coups de fusils, les espagnols virent leurs efforts de cupidité couronnée de succès lorsqu’il découvrirent le Cerro Rico, une montagne où l’argent débordait littéralement sous l’effet de la chaleur. Ils me construisirent a son pied, et exploitèrent la plus grande mine du monde d’alors. Le précieux métal finança l’empire dont les créances profitaient a ses voisins. On dit que l’on a extrait assez de minerai du Cerro Rico pour construire un pont en argent jusqu’en Espagne. Mais je ne l’ai jamais vu. La vérité est moins glorieuse: le Cerro Rico est rouge, taché de sang.
Le Cerro Rico En trois siècles d’exploitation, prés de huit millions de personnes succombèrent dans mes entrailles. Le travail provoquait tant de mort, par accident ou à la suite de silicose, que des milliers d’esclaves africains foulèrent mon sol pour pallier aux milliers d’indiens fainéants. Afin d’augmenter la productivité, les colons eurent l’excellente idée d’instaurer des roulement de travail de 12 heures. Les mineurs demeuraient sous terre , sans voir la lumière du jour, durant 4 mois, mangeant, dormant et travaillant dans les mines. Dans un enfer où il pouvait faire jusqu’à 45 degrés. Lorsqu’ils sortaient, on devait leur couvrir les yeux pour que le soleil ne les aveugle pas…

allant tour des mines

 Aujourd’hui, je peine a contenir mon lourd passé. Je suis triste malgré mon agitation. Je suis délavée, vidée, brisée. Les étrangers sont tolérés mais pas accueillis. Mes habitants sont agars, pauvres, méfiants. Assommés par des années de durs labeurs sans récompense.  Tout juste peuvent-ils subvenir a leurs besoins. Je suis Potosi, le clochard, ravagé et pillé.

Gallerie

 Les kilomètres de galeries abandonnées qui ont façonnées la montagne ont rouverte par des coopératives d’ouvriers, sans patrons, sans obligations, sans coups de fouet. Je suis fier de cela: de ces hommes courageux qui continuent d’exploiter notre seule richesse et qui n’hésitent pas a donner leurs vies, pour quelques bolivianos. Aujourd’hui encore, leurs conditions sont précaires et les maladies toujours présentes.

Mineurs avec son sac de coca

 Après une dizaines d’années de labeur a respirer la poussière de silice, gaz arsénique, vapeurs d’acétylènes, dépôts d’amiante et dérivés de détonateurs d’explosif, mes mineurs se meurent. Souvent. Mais que faire d’autre ? Comment survivre sinon en creusant ? En nous contentant des miettes laissées par le vieux contient. Notre sol est riche mais nous n’en profiterons donc jamais ?

Tapis de gravas Machines qui sépare le minerai de la pierre broyeurs moulin a cianure, mercure et autres

En ce moment, encore, les Etats-Unis d’Amérique et l’Europe, investissent. Non pas pour nous aider, mais nous déposséder. Toujours. Nous ne retrouverons jamais notre époque florissante dévastée par des empires assoiffés de fortunes, mais personnes n’enlèvera l’honneur de mes ouvriers, flattant le diable tout les jours, pour ne pas être happés.

Idole vénérant le diablo et protegeant les mineurs

Quand a moi, je suis Sucre. Lorsque ma voisine devinrent la ville la plus peuplée des Amériques, je dus subvenir a ses besoins alimentaires. Je lui dois mon développement. J’étais son grenier à blé car mon climat et mon altitude me permettent de cultiver. Je ne lui tiens pas rigueur de ses années de servitude. Nous étions alors contrôlées par des forces que nous maitrisions pas. Alors, voyant chaque siècle la pression l’accabler un peu plus, je restais impuissante devant cette humiliation. Mais, le mépris nourrit l’orgueil, le patriotisme, la révolte.
Reunion d'un syndicat de mineurs C’est en mon entre, que Simon Bolivar déclara notre indépendance, en 1825. J’avais réussi a sauver Potosi des veines de l’avarice.  Aujourd’hui fière et distinguée, je demeure le cœur de la nation et la capitale constitutionnelle du pays malgré les 192 gouvernements qui dirigèrent mon pays.  Mon architecture coloniale préservée, construite autour de jolis patios vous séduira, les idées progressistes de mes universités emmènent mon pays vers une plus grande ouverture d’esprit. Je suis la Belle, novatrice et dynamique. Réputée pour être la ville la plus sur du pays, l’ambiance y est cordiale. Mes marchés titanesques recèlement de merveilleux trésors: des fruits, de délicieuses cuisines locales et des objets artisanaux. Les gens sont joyeux, plus moderne, plus ouvert qu’ailleurs. Je crois qu’il fait bon vivre ici, sur les flancs d’une vallée de basse montagne, a deux pas de la réputée Cordillera de los Frailes, sanctuaire du tissage Jalq’a.
Nos deux citadelles sont a jamais liées. Solidaire, nous ne gardons pas les même traces du passé mais nous marchons vers un avenir meilleur, main dans la main, comme des sœurs.
Notre force est de ne pas avoir opposées nos idées noires, mais d’être restée unie comme La Belle et le Clochard……

Les precieux minerais: plomb, zinc et argent

Si je pousse ici la rhétorique, c’est que le sujet s’y prêt. Je voulais tenter de vous immiscer dans mon état d’esprit, lorsque je m’y suis rendue. Je suis cet “occidental à ornières”, je ne connaissais pas ces villes avant de m’y rendre. Comment ignorer l’importance capitale de Potosi pour notre chère France ?  Je m’en voulais. Il n’y a rien de pire que l’oublie. J’ai aussi été effaré de voir comment un pays aussi riche en minerais, en pétrole et en gaz est toujours considéré comme le pays le plus pauvre d’Amérique Latine. Dans un autre monde, les pays possédant la technologie aideraient les pays moins développés a exploiter intelligemment leurs richesses. Non ? Suis-je idéaliste ? Je me suis senti responsable du passé colonial de notre contient et il m’a semblé le lire dans les yeux des gens. J’étais mal à l’aise. De même, la rencontre avec les mineurs fut une expérience poignante. J’étais bouleversé par le courage de ces surhommes, qui poussent à quatre, jusqu’à deux tonnes de pierres, sur des charriots défraichis, dans une atmosphère irrespirable. Les mineurs n’ont parfois que 8 ans. Un jour, un vieux monsieur m’aborde dans la rue et me dit: “nous sommes tous pauvres ici, mais nous sommes riche d’autre chose…”. Il ne m’a pas expliquer de quoi il parlait, surement voulait-il le garder secret, pour ne pas que je lui vole. Pardon si ma sensibilité historique et politique vous ont ennuyés mais voici comment j’ai visité les villes des hauts plateaux de l’Altiplano bolivien.

Un labeur inhumain, un petit hommage

La porte bolivienne, royaume du surréel

5 Avr

Vallée de las Rocas L’extrême Nord de l’Argentine ressemble de plus en plus à la Bolivie au fur et a mesure que l’on se rapproche de la frontière. Une transition en douceur. La Quiaca respire la poussière et l’agitation des villes frontalières. Chaque pas est un peu plus dépaysant. Je découvre un autre monde, de l’autre coté du pont. Je lève les yeux sur le panneau frontalier en disant au revoir à l’Argentine, et je fais le pas suivant, celui qui ouvre une autre page. Je ne me retournerai pas. Je suis bien trop fasciné par ce qu’il y a devant. Après de longues mais faciles formalités d’entrées, je remonte l’avenue principale en direction du terminal. Je change mon argent dans un kiosque, sur le trottoir, comme j’achèterai une glace. Les passages sont étroits tant les rues sont pavés de marchands, de stands, de passants. Il y a cette ambiance, ce type indien, cette crasse, ce doux parfum d’Amérique Latine colorée. Ces premiers moments de découverte sont toujours marquant. Et j’arrive au terminal un sourire béat sur le visage.

Un homme heureux La encore, plus rien à voir. Le terminal est un hangars, les compagnies de bus ont des stands de bois au milieu des vendeuses de glaces, de saltenas, jus de fruits, briquets ou peignes. Et que sais-je encore. Une braderie permanente a ciel ouvert. Les employés scandent les destinations de bus à la crié et viennent m’aborder, ou plutôt se ruer sur moi. Dans cette merveilleuse ambiance chaotique, je monte dans un bus vieillissant, avec une cargaison de 500 kg de riz en soute et une secte de dame au chapeau melon sur les genoux.

Palette de couleurs au dessous d'une lagune 2h plus tard, j’arrive à Tupiza, un gros village. Je pose mes valises dans un alojamiento en face de la station et je découvre les joies de la Bolivie pour le voyageur européen que je suis. Dans ce genre de motel, je loue une petite chambre pour 2,5 euros la nuit. Pour la première fois depuis mon départ, je vais dormir seul dans un hôtel, pour deux fois moins chers qu’un camping en Patagonie ! Je sors rapidement pour ressentir un peu l’atmosphère de ce nouvel horizon. Premières flâneries, premiers marchés…premières impressions.

Kollpani, à 4250m Je m’apprête à visiter la région du Sud-Ouest de la Bolivie renfermant de merveilleux secrets, et pour cela, au risque de me trahir, je suis obligé de passer par une agence et d’acheter une excursion. Il n’y a pas d’autre alternative. Loin de m’enchanter, j’appréhende au contraire énormément. Mais je me renseigne auprès d’autres touristes, je vais voir plusieurs agences, je prend le temps de réfléchir avant de me décider, le plus tard possible.

Jeep dans le salar d'Uyuni J’embarque le lendemain avec trois autres français. Et les lieux que je m’apprêtais a voir nécessité ma langue maternelle pour les partager. Il y a Guylaine du Finistère, une petite bonne femme au caractère bien trempée d’une cinquantaine d’années, partie pour un an renouvelable. Anne et Adrien quand a eux, forment un joli couple de Parisiens et arpentent les routes des cinq continents en vélo couché. Un capital sympathie comme ils disent ! (cf lien) Sans oublier Martin notre guide jovial et attentif, et Joana, la cuisinière. Un groupe idéal, ou nous avons pu partager nos sentiments, et philosopher sur notre responsabilité de touriste envers ces peuples captivants.

2011-04-03 Jeu sur le salar (1) Merveilleuse Bolivie aux joyaux exceptionnels. Chaque moment nous apportait son lot de cadeaux. 4 jours de déambulation en Jeep au confins du Sud Lipez. Indescriptible. Les pistes malmènent le véhicule, traversant rivières et pentes douloureuses et nos logements de fortunes se contentent du minimum, sans chauffage ni eau chaude. Mais en a ton besoin lorsqu’on se nourrit de contemplation ?

Laguna Colorada Comment vous décrire ce que je n’avais pu imaginer ? Cette “aventura” fut une révélation. Depuis plus de deux mois, j’ai eu l’occasion de voir des lieux exceptionnels, de me laisser porter par un sentiment admiratif ou de me sentir inspiré par des endroits envoutant. Mais ici, c’est encore autre chose. J’avais l’idée d’une cascade avant d’aller à Iguazu, j’imaginais à peu prés que qu’était un glacier avant de me balader à El Chalten et j’avais anticipé l’aridité des plaines Patagonne avant d’en manger la poussière.

Montagnes nuancées Mais je n’avais jamais été préparé aux montagnes de multiples couleurs sur des centaines de kilomètres, aux bans de sables rissolant d’infinis nuances. Au bout de l’horizon, de prestigieux volcans écrasent de leurs majestés les déserts de gravas, déjà à 4500 mètres d’altitude. Ni les lagunes blanche, jaune, verte ou rouge n’étaient venues à mon esprit, ni les geysers aux vapeurs de souffre.

Laguna Colorada Laguna verde lac d'eaux chaudes Geysers Pas plus que la sculpture naturelle de l’arbre de pierre ou du désert de Dali. Voila un personnage tout trouvé pour décrire ce lieu. Regardez un de ses tableaux et vous écumerez un peu l’univers du Sud Lipez.

Lagune aux cimes enneigées colline à la roche rose Desert de Dali L'arbre de pierre 

Alors au dessus du niveau du Mont Blanc, nous nous sommes prélassés dans une source d’eau chaude naturelle. Une baignoire à température idéale, devant un paysage a couper le souffle.

Agua Thermales Incroyablement diversifié et très riche, on dirait que la nature s’est éprise d’un délirant artiste créatif mégalomane. Etonnamment, ce lieux préservé ne fait pas naturel tant il est unique. Les animaux qui y résident, ne font que renforcer ce sentiment: sous le flegme nonchalant des Flamands Rose, les vigognes élancées coursent élégamment les Nandous qui leur rendent le change.

Renard des sables Vigognes Flamands rose sur la laguna colorada Nandous Lors de ce doux rêve, alors que la nuit entreprit sa conquête, je fus absorbé par les plus beaux ciels étoilés de ma vie. Incomparable. La pénombre laisse place a des millions de points scintillant jusqu’à l’horizon. Comme sous un dôme arrondi. Ici, au royaume du surréel, il n’y a plus de place pour l’obscurité, la nuit n’est que lumière…

Apercu du ciel étoilé Durant l’expédition, nous avons traversé des villages perdus, ou les gens vivent simplement de l’élevage de Lama ou de la culture de Kinoa. Les maisons en torchis donnent un peu d’humanité en ces lieux parmi les plus difficile de la planète.

San Pablo de Lipez Ici, entre 3500 et 5000 mètres, impossible de cultiver quelconque végétal ou d’élever vaches ou moutons. Le moindre changement climatique, et le village tout entier est en péril. Comme il y a deux ans, où l’abondante neige fit dépérir bon nombre de Lama sans pâturage. J’aperçois aussi les premiers ravages de la colonisation espagnole.

ruines de village ruines de village

Un village mort, en ruine depuis des siècles après que ses habitants furent empoissonnés dans la mine d’or voisine. Ici sont mort les derniers Incas, exploités jusqu’à la faim. Consternant.

Levé de soleil sur le salar Les noms d’El Sillar, Licancabur, Arbol de Piedras ou Laguna Colorada nous amenèrent au spectacle final: le salar d’Uyuni. En lieu et demeure de cette ancienne mer intérieure, il n’y a qu’une étendue de sel de 12 106 km carré. La plus grande du monde.

exploitation de sel Avant de dormir dans notre hôtel de sel, notre charmant guide nous amena jusqu’à ce lieu mythique, pour le couché et le levé de soleil. Même l’affluence de touristes bruyants n’a pu dérobée la magie symétrique du salar.

Couché de soleil sur le salar Recouvert alors d’une fine couche d’eau, il reflète parfaitement le ciel, nous laissant contempler un spectacle sans horizon. L’absence  de repère donne presque le vertige. Depuis des jours, il est incroyable de voir comment les paysages changent radicalement en quelques heures et nous en prenons toute la mesure devant le salar.

Un camoin passe... Comme si une force aspirait l’horizon, le Ciel et la Terre se marient inconsciemment jusqu’à ne faire plus qu’un. L’impossible union de deux mondes se réalise sous nos yeux. Un moment qui n’a pas d’égal.

 Sel sechant en tas et leurs reflets Couché de soleil sur le Salar Aux dernieres lueurs du jour Aube Levé de soleil Un pique nique, ca vous dit ?

un instant

Je manque de mot pour vous le faire partager tant l’émotion fut percutante, mais je peux avouer secrètement, qu’aux derniers rayons de soleil,  je n’ai pu retenir une larme. Que le monde est beau !

 Jeu sur le salar