Au fil de la Route 40, des paysages, des figures…

13 Mar

La route 40 Pas de nouveaux paysages ici. Simplement des expériences enrichissantes saupoudrés de hasards bénéfiques, une ambiance. En soi, mon objectif. J’ai réussi a me perdre, loin des sentiers battus. Peu de photos également car les histoires que j’ai à conter ne peuvent pas se montrer, seulement se vivre…

les plaines PatagonesJe me suis donné 5 jours pour arriver à Bariloche et parcourir les 1200 km en stop. C’est donc en autonomie que je pars d’El Chalten, après avoir dit au revoir aux Incahuellas.  Le début fut plus difficile que prévus. Après 24h, une nuit au bord de la route, un vent de face à faire reculer un lama et des tonnes de poussières ingurgitées , je suis  à 100km du point de départ. Je me suis embarqué dans une expédition ! La route 40 parcoure tout le pays du Nord au Sud. Certain tronçons sont goudronnés, beaucoup d’autres non. Sur certaines parties, il ne passait pas plus de trois voitures par heure. Le stop c’est un peu le jeu du “tout ou rien”. Ca peut être très enrichissant comme très difficile. Et la magie de la chose, c’est qu’on ne peut jamais savoir à l’avance !

IMG_2568C’est un peu après Tres Lagos que je rencontre Irene et Raphael, un couple de suisse allemand. Sans que nous le voulions, nos chemins vont se joindre durant 5 jours. Par un jeux de fabuleux hasards et destins croisés, nous avons finis  ensemble les quelques 1000km qui nous séparé alors de la région des lacs, à El Bolson et non Bariloche. Une ville plus petite à la réputation hippie.

Petit concert hippie à El Bolson Durant ce périple, nous avons été pris en stop par le très loquace Ricardo, un vieux paysan vivant isolé mais qui n’a pas oublié le sens de l’hospitalité. Il nous amène chez lui, nous offre le maté puis nous invite chez des amis pour diner et dormir. Il y a eu Juan, un routier aux allures de David Charvey avec qui nous avons parcouru 600 km dans une journée avant de fêter ça au restaurant. Et beaucoup d’autres….

Le territoire de Ricardo Nous avons traversé les plaines infinies de Patagonie qui nous ont offert leurs plus belles lumières, découvert des localités poussiéreuses aux allures de Far west, oubliées des touristes. Bruce Chatwin, un célèbre écrivain-voyageur , décrit ces villes comme “des carrefours insignifiants, avec des routes partants dans toutes les directions, et menant nul part.” (En Patagonie, 1975) Comme c’est vrai ! Car, c’est aussi un voyage dans le temps, à la rencontre de ces argentins si sympathiques qui m’échappaient jusqu’alors. De ces hommes qui vivent souvent seuls, isolés dans des domaines gigantesques. De pures joies d’aventuriers…

 

L’arrivée à El Bolson fut sans transition.  Mon Dieu, la civilisation !! Un très agréable marché artisanal vient agrémenter cette petite bourgade décontractée. D’autant plus que c’est le carnaval… Je retrouve un peu de chaleur ici, autour des barbecues que nous organisons jusqu’à tard dans la nuit.

 

2 jours plus tard, il a bien fallu partir. Germain, routier de son état, m’emmène dans son camion de farine jusqu’à Bariloche. Je parle tout juste assez castillan pour lui faire la conversation durant le trajet, armé de mon dictionnaire. Je ne fais que passer dans la grande ville. Je vais plus au Nord, à Villa Agostura pour louer une bicyclette durant 3 jours, parcourir les fameux 110 km de la route des 7 lacs.

Mais ce fut un revers cuisant ! Une première vraie galère. Deux jours de pluies et un vélo cassé eurent raison de moi, sur une route moins spectaculaire que prévus. Faire du stop sous la pluie, dans la boue, avec un vélo cassé sous le bras, c’est un peu comme courir avec des lacets attachés. Ca n’est pas pratique et on se lasse vite! Je suis trempé mais un chauffeur de bus à pitié de moi et me sauve de la noyade, moyennant paiement.Un vélo et un sac de 15kg sur la route des  lacsJe pars de cette ville déçu où je me suis pris un instant pour une vache à lait dans la région des lacs. Une usine à touristes méprisante, loin de la chaleur humaine du cœur du pays. Les gens ne sont pas les même dans les régions touristiques. Et paradoxalement, je participe un peu plus à cette perversion.

Je me réconforte en m’offrant une auberge panoramique à Bariloche, à la consonance trop américaine. Avant de remonter vers le Nord, sans trainer. Le temps passe et je dois rejoindre la Bolivie. Mais avant, un détour immanquable vers les chutes d’Iguaçu, à la frontière du Brésil. La route est longue…mais j’ai eu ce que je voulais en Patagonie. Du contact, des histoires, des souvenirs. J’emporte avec moi un morceau de la gentillesse de ces gens, dans une plaine d’humanité.

Aucune retouche pour cette devanture de bureau de tabac !

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3 Réponses to “Au fil de la Route 40, des paysages, des figures…”

  1. flo 14 mars 2011 à 06:01 #

    Très agréable lecture, merci de nous faire partager ce voyage. Bonne continuation.

  2. Thesou 24 mars 2011 à 07:57 #

    Coucou Willy
    Un régal ta lecture et tes photos….. du rêve,
    confinée dans un bureau devant un ordi, ça donne vraiment envie de voir avec ses propres yeux et de le vivre !!
    Merci pour ce partage. Bonne continuation. Prends soin de toi et vis à fond.
    Tu t’es offert ce rêve, bravo.
    Bisous.

  3. tahar 27 mars 2011 à 12:57 #

    mci! willy que du plaisir à te lire c’est tres agreable et tres belles photos, bonne chance pour la suite.

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