Parc Los Glaciares, le bruit du silence

27 Fév

Le Fitz Roy

Le parc du Torres marque un tournant dans mon voyage, un mois après le départ. J’ai pris des repères, je me situe mieux, le temps du rodage s’achève. Je monte dans un dernier bus pour repasser la frontière argentine mais ensuite j’abandonne le mode de vie auberges-bus pour celui de campings-stop.

stop dans les plaines patagonne

D’abord, pour mes finances car l’hébergement et les transports constituent les plus grosses dépenses et que je peux plus tenir le rythme. Mais surtout parce que je suis en manque de contact avec le pays: lassé des auberges communautaires pleines d’européens, ras le bol de ne faire que croiser les argentins sans pouvoir leur parler. Je ne veux plus traverser les plaines et villages derrière des vitres mais les arpenter. Je veux revenir de Patagonie avec une histoire, pas des souvenirs. En cela, le stop constitue le meilleur moyen de transport à mon sens.

photo prise a l'arrachée Je m’attaque maintenant au Parc national des glaciers, dernière étape patagonne, qui renferme de nombreux trésors. On y accède par deux villes différentes. Un samedi soir vers minuit, j’arrive à El Calafate, porte d’entrée de la zone Sud, vers le plus impressionnant glacier de la région, le Perito Moreno.

IMG_1598 C’est à ce stade que je rencontre trois françaises avec lesquelles je vais découvrir le parc durant 2 semaines. Elles ont le projet de suivre la cordillère des Andes durant deux ans, d’Ushuaia à Quito. De sensibilité écologique, elles se documentent sur la gestion des espaces naturels, complète la collection photographique des fleurs d’altitude pour un jardin botanique et vont à la rencontre de peuples autochtones. Mathilde, Sara et Cécile m’offrent une vision plus technique des parcs et des espaces protégés.(cf lien: incahuella)

Apero au mirador des condors Deux jours après mon arrivé, je me dirige vers le Perito Moreno, à 80km, en stop. Après 2h30 d’attente, une famille chilienne me propose de monter dans leur voiture. Nous sympathisons, et ils finirons aussi par me ramener avant que je comprennes qu’ils étaient mes voisins de tente !

Le Perito Moreno D’abord nuageux, le temps se découvre pour me laisser contempler ce colosse: 22 km de long, 4 de large et 60m de haut. Il est impressionnant par ses dimensions mais encore plus par son activité. En effet, c’est un des glaciers les plus stable du monde et son avancé constitue un spectacle incroyable. A seulement 200m, je peux observer les chutes de blocs de glaces et de tours entières dans l’eau laiteuse en contre bas dans un vacarme roque et cassant. Il en tombe plusieurs pas heure. Le son est plus marquant que la vue. La glace qui se rompt, les blocs qui dévalent les flans avant de tomber lourdement dans l’eau dans un raz de marrée. Une démonstration de puissance. Ceci étant dit, la facilité d’accès, l’aménagement des berges en grosses passerelles métalliques et l’affluence ne contribuent pas vraiment à l’émotion. Rien de semblable ici au glacier Grey, plus sauvage, plus authentique. Il fallait le voir, j’ai été content d’y aller mais le conditionnement sans liberté du touriste m’a quelques peu refroidi…

 

Le lendemain nous repartons sur la route. Nous constituons deux groupes de deux. Rendez vous à El Chalten, les derniers arrivés payent la bière ! Nous atteignions notre but après être monté dans un bus aménagé en boutique de matériel pour policiers et deux picks-up, en seulement 2heures de plus et 30 euros de moins que les transports en communs.

De la benne d'un pick-up Plus rien à voir avec le bus, c’est plus excitant ! Et je vous assure que voir défiler les paysages hypnotisant de Patagonie dans la benne d’un picks-up est une expérience aussi drôle que libératrice. Je me sens soudain vivant. Lors des derniers kilomètres, nous apercevons le majestueux  Fitz Roy, point culminant du massif donnant lieu à de nombreuses randonnées.

Le massif du Fitz Roy 8 jours plus tard, nous en avions fait le tour. De paysages variés en glaciers somptueux, nous avons vécu en pleine nature, au rythme du soleil, sans montre, sans notion de jours. Je me suis rapproché de ce coté authentique que je recherchais. Une petite centaine de kilomètres plus tard, j’ai pu observer de nombreux animaux: lamas, lapins ou aigles. Un couple de pic vert nous a laisser les observer à quelques mètres et au levé du soleil, lors d’un petit déjeuné bucolique, pas moins d’une demi douzaine de condors décollent au dessus de nos têtes. Magique…Seul le puma reste introuvable…

 

Les anecdotes sont nombreuses, notamment la fois où j’attache ma poubelle a un arbre pour la protéger des renards mais ce sont les aigles qui l’ont dépecée…par deux fois ! Et aussi, une certaine tendance a me faire dérober mes affaires par d’autres voyageurs. Au palmarès, un pot de succulent dulce de leche, un paquet de biscuit et ma lampe frontale ! Peu ennuyeux mais agaçant tout de même.

Nous avons marché sur des sentiers escarpés lors de montée éprouvante au bord de pentes glissantes, j’ai pu voir le glacier Viedma, le plus long des Andes, dans un panorama immaculé d’une étoffe blanche.

Le glacier Viedma et ses moraines Nous avons traversé une rivière glacée pied nu, contre le courant, et sans pouvoir marcher durant de longues minutes à cause de nos pieds insensibles. Grâce à la rencontre d’un guide qui nous indiqua un autre chemin, j’ai pu réaliser un rêve déchu: marcher sur un glacier. Sans guide, sans équipement, sans agence et sans danger. Nous nous baladions dans de douillets sous bois pour arriver à la mystérieuse Laguna Capri. Une étendue d’eau transparente, sans vent, sans bruit, sans interférence. Un silence impressionnant. Il prenait tellement d’importance que nous n’osions parler qu’a voix basse, de peur de profaner ce calme absolue. Et lorsque je tendis l’oreille, il m’a semblé, un instant, entendre le bruit du silence. Gouverné par El Chalten, la montagne qui fume, les dernières lumières de la journée, façonnent un étonnant effet miroir, un jeux de l’irréel, entre ciel et terre.

Effet mirroir

Si la météo a été plutôt favorable, les derniers jours à El Chalten sont pluvieux et froid. Il est tant de partir, vers le Nord. Mais je n’arrive pas à me détacher de ce rêve du nom de Patagonie. Il me reste 1200 km avant d’atteindre Bariloche et la région des lacs, avant de sortir ce cette région mythique. Mais en stop, tout est possible…

on avance comme on peut !

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5 Réponses to “Parc Los Glaciares, le bruit du silence”

  1. Céline G 11 mars 2011 à 08:00 #

    C’est magnifique!!!! Profite bien et fais attention à toi!
    take care 🙂

  2. ANIMTROTTEURDANLEURTETE 11 mars 2011 à 12:29 #

    Hola,
    Como estas?
    Nosotros estan bien.
    L’histoire que tu te construit nous attendons que tu viennes nous la conter à ton retour. Les résidents prennent de tes nouvelles. Merci pour les anecdotes comme celle de ta poubelle, ils sont friands de celles-ci.
    Muchas Besos

  3. Gaël ! 13 mars 2011 à 23:09 #

    Salut Wailly !!

    J’adore lire tes articles pleins de vies et d’aventures ! Tu as un bon style d’écriture.
    Je vois que tout ce passe bien et que tu fait beaucoup de rencontre! C’est bien, j’espère que tu pourras rencontrer plus d’autochtones comme tu le souhaite. C’est de loin presque le plus enrichissant, comtempler les paysages est magnifique mais comprendre comment ils ont façonnés les âmes vivante à proximité doit être époustouflant ! Pourquoi pas faire quelques « j’irai dormi chez vous ! »…
    Profite en bien et si tu le peu essai d’écrire un peu plus souvent… Ça nous permet de voyager un peu à tes cotés à chaque fois que tu écris !
    Je te souhaite pleins de bons moments et de bonnes sensations.

    Et bonne route !!

    Gaël

    • Wailly 13 mars 2011 à 23:15 #

      merci gael ! Je prend beaucoup de plaisir a vous écrire. Prochain article bientot ! D’ici quelques jours, promis. Quand a savoir si j’ai réussi a rencontrer les argentins….je garde le suspens !
      beco

  4. flo 16 mai 2011 à 15:51 #

    merci de cet article et photos qui me ramènent 2années en arrière, quand je suis passée par là. Une si belle région du monde. je te souhaite une belle continuation…bisous floriane

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