Archive | janvier, 2011

BUENOS AIRES, l’autre Europe

31 Jan

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Mardi 25 janvier

Comment imaginez vous Buenos Aires ? Que vous suggère ce nom ? Qu’est-ce que cela vous inspire ?

IMG_0044Avant de venir ici, j’avais une image érodée de la ville malgré les derniers livres que j’ai pu consulter lors de ma préparation. Je voyais une ville bruyante, étouffante, très polluée mais surtout sale, violente, faites deIMG_0067 vieux bâtiments aux façades brulées par les pots d’échappements et aux toits en taules. Une vie nocturne animées bien sur mais où il faut resté prudent à toute heure, gangrenée par la criminalité galopante.

Heureusement que je voyage, heureusement que je ne suis pas resté sur ces idées. Si elle demeure polluée et bruyante, comme nombres de grandes villes, elle a plus l’allure d’une jolie ville européenne. A vrai dire, à ma sortie de l’aéroport, et dans les quelques minutes qui suivirent, alors que je faisais IMG_0120 prudemment mes premiers pas en Amérique Latine, je l’ai comparée à Paris et Miami. Je me souviendrai longtemps de ces sensations, lorsque la porte de l’avion s’ouvre et que la première bouffée d’air s’engouffre dans ma gorge, quand je pose le pied sur le sol argentin où lorsque je sors de l’aéroport et rigole tout seul en regardant le ciel, entrain de me dire que le soleil qui chauffe ma peau est celui d’un pays dont j’entend parler depuis des années. J’y suis. Enfin ! Durant les prochains jours, je vais devoir recoller les morceaux, et mettre en relation tous ces mots IMG_0018 et ces idées avec mon quotidien et me dire régulièrement : “Je suis a Buenos aires, Je suis a Buenos aires…”

La capitale argentine représente a elle seule toute l’histoire de ce pays et tient bon nombre de ses traditions de l’Italie ou l’Espagne. L’avenue la plus large du monde , l’avenida de 9 de julio, reflète ses ambitions et les buildings rivalisent d’architecture au bord des quais de puerto madero ou dans le centre d’affaire du microcentro. La maison rose défi le congres, de l’autre coté de la jolie avenida de mayo. Les quartiers chics de riccoleta ou parlermo n’envie rien a leurs pays d’origine.

Et La Boca, la nostalgie d’une vie bohème tombée en désuétude. Mais il y a aussi cette exubérance latine et ce gout pour les arts de la table. J’y ai mangé la meilleure pièce de bœuf de ma vie, juteuse, épaisse, fondante, goutue…Un régal lorsqu’on découpe délicatement 4cm de chair rougeâtre, gorgée d’herbe de la pampa. Les cafés sont exactement comme chez nous. Quel plaisir de boire un expresso, assis à la terrasse d’un petit bistrot ancien ou une bouteille de 1L de Quielmes, bière légère et rafraichissante .  On y déguste aussi de délicieux ampaladas, un petit chausson fourré à la viande ou des glaces servies dans de petits pots en polyester. L’ambiance est détendue, les gens parlent forts, font de grands gestes, les marchands ambulants  crient a tu tête. Au loin, entre les forains de la rue piétonne de Florida, on aperçoit une démonstration de Tango…

Une ville intéressante donc pour une transition en douceur, aux mœurs proches des nôtres. Je loge dans une auberge du quartier de San Telmo, où se joue les meilleurs spectacles de tango de la ville. C’est lors de mon premier repas que j’ai commandéIMG_0015 “el bife del chorizo”, une pièce de bœuf de 400g. Durant 5 jours, j’ai arpenté au grés des rencontres les rues de la villes, le musée des arts de l’Amérique du Sud où les berges du delta du Tigre, au Nord de Buenos Aires, une ville où l’on se déplace en bateau, sur une eau marron chargée en fer, venue des forets tropicales du Nord.

J’ai testé dés le 1er soir, les bars branchés et boites de nuit de la capitale  avant de me perdre d’ailleurs, seul durant 2 longues heures. Mais la vie est plus chère que prévus et un budget de 3O euros par jour est restrictif et pour tout dire, intenable.IMG_0232 Puis les spectacles de tango de El Caminito, en pleine rue où le marché aux antiquaires de Defensa.

J’ai joué prudemment au touriste, parlant anglais ou français la plupart du temps. Ceci n’empêcha pas un pickpocket de s’emparer de mon téléphone et de mon tabac ! Mais on dit qu’on n’est pas vraiment allé en Amérique latine si on ne s’est rien fait voler, alors…J’ai rencontré bon nombre de voyageurs, tout comme moi, de tout horizon. Il y a Jean Luc qui relie Ushuaia à Quebec, Melanie et Laura parti pour 3 mois à travers le continent ou Serguei le russe. Il y a une quête dans chaque voyage,. Nous nous sommes croisés, mais tout le monde poursuit sa route. Je vais partir en direction du Sud, avec le désir de transformer ce qui n’est encore que des mots, en souvenirs.

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CARNET DE VOYAGE, El Caminito ou l’art de l’émotion

22 Jan

Buenos Aires, quartier La Boca, Dimanche 22 Janvier 2011

caminito_jpg Il fait encore un peu plus chaud qu’hier. Avec 5 autres français nous décidons d’aller à La Boca, un site touristique de renom au milieu d’un quartier chaud de Buenos Aires. Une guide argentine nous en a parlée comme d’un endroit peu rassurant, où il faut aller, en bus, juste devant El Caminito, le quartier touristique, surveillé par la police et des milices locales. Et ne jamais, s’éloigner des trois petites rues d’un quartier plus grand qu’ un arrondissement parisien. Une française résidente, nous accompagne pour nous guider. Nous laissons tout à l’hostel, sauf quelques pièces de monnaies et photocopie de passeport. Et nous filons, en cette fin d’après midi, vers les spectacles de rues et les maisons colorées. Le bus nous faits traverser la zone “interdite”. Le spectacle est affligeant. Ordures, chiens errants, enfants sales ou nus fouillants les poubelles, des hommes et des femmes fatiguées poussent de lourd cadis et charrettes d’ordures dont ils espèrent tirer un peu d’argent. Quelques magasins en désuétudes abritent des gens assis, l’air agars, attendant un je ne sais quoi. Quelques jeunes nous targuent du regard. Je crois que  l’humilité est le premier sentiment qui monte en moi. Devant cette misère, devant mon aisance. Je suis triste de ne rien y pouvoir tout en sachant que de toute façon, personne ne voudrait de mon aide.

Puis notre bus s’arrête, au bord du Riachuelo. De l’autre coté s’étend la plus grande favelas du pays, un endroit où il n’y a ni bus, ni eau, ni électricité, ni policiers. Une zone franche, de non droit. Avant de m’enfoncer vers El Caminito où il règne une ambiance de fête, je jette un œil sur ces toits en taules. Un autre monde, qui ne m’est pas accessible.

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C’est dimanche de fête ! Une foule considérable vient assister aux spectacles de Tangos, visiter le quartier ou déguster une bière bien fraiche entre amis. Les rues sont prisent d’assaut par les terrasses en plastique et les musiciens. Les bâtiments ne sont pas hauts mais de  couleurs vives. Jaune, bleu, vert, rouge. Tout coloré, en petite parcelle. De nombreux pantins sont accrochés aux balcons représentant des stars du Pays. Mendoza, Eva Perron ou Maradona. On dirait une ville de legos, un jeu d’enfants. L’intérieur est chaleureux, comme une maison de poupées.  A Peine croyable. Ces ouvriers utilisaient le surplus de peinture des bateaux pour en recouvrir leurs maisons de taules. Je trouve cela émouvant. De même, un peu plus loin, le petit parc en béton où les enfants jouent au ballon. Ici, joué El Dieu lorsqu’il était jeune, Maradona lui même est issue de ce quartier et a rendu célèbre dans le monde entier le club des Boca Junior.

Finalement, nous avancions détendu. Effectivement,la zone paraissait sur, assez pour ne pas nous sentir mal à l’aise du moins. Au détour d’une des rues, je reste sans voix. Je m’approche doucement de ce qui va conclure mon plus grand coup de cœur à Buenos Aires, un spectacle de tango de rue. Sur la devanture d’un bistrot, un homme entonne un air plein de mélancolie. Alors un couple sortie de l’embrasure de la porte et s’élança sur le parquet de bois. Les pas, la musique et leurs gestes si précis, si intenses, si sensuels. ..Je vois en eux l’émotion du coup de foudre, je ressens la passion d’une rencontre, l’effervescence du désir mais aussi la tragédie, la souffrance et la séparation. Il se dégage quelques choses de cet instant  bohème qui m’arracha une larme. Je vis pour ces instants, profondément humains.

Nous nous sommes installés en terrasse, sirotant une bière dans une ambiance légère, au milieu de ce quartier qui m’a apporté tant d’humanité. Les touristes s’en vont, les cafetiers remballent leurs terrasses. La nuit tombe, il est temps pour nous de rentrer. La Boca reprend le peu de chose qui lui reste.

Avant le départ…

21 Jan

Les dernières semaines furent plutôt chargées. Il est définitivement certain que je ne sais m’organiser que sous la pression. A la dernière minute en somme… Papiers, administrations, justificatifs, santé, rapatriement, appareil photo, assurances, sac à dos, devises, traveller chèques, objets à emporter et surtout, à ne pas emporter !! Une tache a plein temps. Malgré les contre temps administratif, je pars pour Paris le 13 janvier, avec un sac fait à la va-vite de 22kg.

Une fois a la capitale, c’est ma banque qui me pose problème et me retarde. Je dois acheter un certain nombre de chose, dont des devises, puis organiser, condenser, peser, alléger, équilibrer, étanchéifier…..Grace à un peu de concentration, je suis presque prêt la veille du départ en sachant que je partirai avec un sac de 20kg et non de 15kg comme je l’imaginais.

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Tout ceci, sans jamais avoir pensé a ce que je ferai en arrivant, une fois la douane passée…

Alors en de brefs instants, je repense a ces nombreuses heures passées à travailler au bar, à ces rêves d’adolescent sur le point de se réaliser, à ces préjugés que je vais faire tomber, à ces gens que je vais rencontrer et à ceux que j’ai laissés. A tout ce que je vais voir…. Une excitation toute contenue m’apaise pour cette dernière nuit en France, parce que je sais que c’est aussi à ma propre rencontre que je vais.

IMG_0011 Mon avion décolle dans 18h, nous sommes le 19 janvier 2011.